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Chouette ! Des petits nouveaux à plumes !

28 August 2014 

Voici deux nouveaux spécimens tout juste naturalisés : une Buse variable (rapace diurne) et une Chouette effraie (rapace nocturne).

Tout comme Lalli, notre alligator du Mississippi, ces deux rapaces font partie des espèces protégées. Comment pouvons-nous posséder de tels spécimens ? Une petite explication s'impose.

Dans cet article, vous trouverez des fiches infos sur la Buse variable et la Chouette effraie ainsi que des précisions sur la législation en vigueur concernant la protection des animaux en France et dans le monde.

Et en bonus, un petit quiz pour tester vos connaissances sur les rapaces diurnes et nocturnes !

Bonne lecture, n'hésitez pas à poser vos questions dans l'espace des commentaires.

La buse variable

1000750Buse variablePerché à la cime d'un arbre, le prédateur guette sa proie...Buse variablePerché à la cime d'un arbre, le prédateur guette sa proie...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/img_3488_0_0.jpg?itok=oOY3uqjyClaire Gohard - Muséum du Havre
1000750Buse variableDétail de la tête.Buse variableDétail de la tête.Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/img_3489_1_0.jpg?itok=kGfGWtYoClaire Gohard - Muséum du Havre

La Buse variable - Buteo buteo

Comment la reconnaître ?

C’est le rapace le plus commun d'Europe Centrale. Corpulente, la buse variable a de larges ailes, une tête rondelette et une queue assez courte. Elle est reconnaissable en vol à sa silhouette caractéristique, lorsqu'elle plane en cercle pendant des heures. La femelle est plus grande que le mâle.

Elle possède un plumage aux couleurs très variables (d'où ce nom de buse variable), généralement brun foncé avec le dessous tacheté de blanc.

On retrouve trois phases de couleur chez la buse : pâle, sombre et rousse. On appelle cela le polymorphisme des couleurs : c'est la diversité d'aspect présentée dans certaines espèces, par les individus de sexe, âge et variété identiques.

Alimentation :

Elle se nourrit de petits mammifères, d’oiseaux, reptiles, batraciens et insectes. Elle plane ou guette ses proies depuis un arbre ou un piquet. On considère que la Buse variable a la vue la plus perçante de tous les oiseaux de proie.

Mode de vie :

Tout comme l'Effraie des clochers (voir fiche ci-dessous), la Buse est sédentaire et très territoriale : un couple établi sur un territoire y restera toute sa vie.

Le nid est fait d'une masse épaisse de branchages et de racines, avec un creux en forme de coupe tapissé, sur un arbre ou une corniche de falaise. La femelle y dépose 3 à 4 œufs, à intervalles de deux ou trois jours. Le mâle remplace la femelle si elle quitte occasionnellement le nid, il lui apporte des proies et la nourrit pendant l'incubation qui dure environ 35 jours, jusqu'à la naissance du dernier poussin.

Cri :

Le cri de la Buse variable ressemble à un miaulement haut perché, souvent répété quand l'oiseau est posé, et surtout quand il vole. Ce cri s'entend de loin et révèle sa présence.

Protection :

La Buse variable ne fait pas l’objet de mesures de protection importantes, en raison de ses forts effectifs et de sa grande capacité d’adaptation. Mais elle fait tout de même partie des espèces protégées et est inscrite à l'Annexe II de la Convention de Washington et à l'Annexe C1 du réglement CEE/CITES.

 

Sources :
Delachaux & Niestlé : 'Guide des oiseaux d'Europe'
Bordas : 'Les Oiseaux du Monde'  
www.oiseau.net
www.observatoire-rapaces.lpo.fr

 

Chouette effraie

1000750Chouette effraiePrête à s'envoler pour aller nourrir ses petits Chouette effraiePrête à s'envoler pour aller nourrir ses petits Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/img_3491.jpg?itok=78CfpzmLClaire Gohard - Muséum du Havre
1000750Chouette effraieDétail de la têteChouette effraieDétail de la têteZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/img_3492.jpg?itok=S9MgWZNhClaire Gohard - Muséum du Havre

Chouette effraie - Tyto alba

Comment la reconnaître ?

Ce rapace nocturne solitaire est aussi connu sous le nom d'Effraie des clochers car elle aime nicher sous les toits des églises.

On la croise souvent la nuit, surprise par les phares des voitures. Elle porte aussi le nom de "Dame Blanche", en raison des couleurs très claires qui dominent sur les parties de sa robe les plus exposées.

Sa grande tête avec des disques faciaux formant un cœur blanc bordé de brun clair contraste avec ses yeux noirs.

Il n'y a pas de dimorphisme chez l'Effraie, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de différences entre les individus mâle et femelle d'une même espèce. Seule la femelle est un peu plus grande que le mâle.

Comme chez un grand nombre de rapaces nocturnes, le vol est particulièrement remarquable par son extrème silence qui s'explique par la structure duveteuse des plumes. Cela permet à l'Effraie d'augmenter sa perception auditive.

Alimention:

Avec ses longues pattes blanches emplumées, l'Effraie attrappe de petits rongeurs comme les campagnols, musaraignes, oiseaux, gros insectes et grenouilles.

Mode de vie:

Le nid consiste en une petite cuvette creusée sur un tas de vieilles pelotes désagrégées ; sorte de  boulettes de régurgitation rejetées par les rapaces. Elles contiennent les éléments durs et non digérés comme les os et les poils des proies qu'ils avalent en entier.

Le volume de la ponte est très variable, allant de 2 à 14 œufs. Cette forte productivité compense une mortalité importante, en particulier chez les jeunes. L'espérance de vie dépasse rarement 10 ans, avec des records de 18 et 21 ans.

L'Effraie n'est pas un oiseau migrateur. Les adultes semblent généralement sédentaires. La population européenne actuelle est estimée entre 110 000 et 220 000 couples.

Représentée par 28 sous-espèces dans le monde, l'Effraie des clochers occupe une vaste aire de répartition englobant les régions chaudes et tempérées des 5 continents. En Europe, l'espèce se reproduit communément dans toute l'Europe, sauf dans les pays scandinaves.

Protection :

Elle est inscrite à l'Annexe II de la Convention de Washington et à l'Annexe C1 du réglement CEE/CITES.

Sources :
Delachaux & Niestlé : 'Guide des oiseaux d'Europe'
Bordas : 'Les Oiseaux du Monde'  

www.oiseau.net
www.observatoire-rapaces.lpo.fr

Pouvons-nous tout naturaliser?

Quelle est la différence entre un taxidermiste indépendant et un taxidermiste travaillant pour un muséum ?

Le taxidermiste de musée et le taxidermiste indépendant sont soumis à la même législation. Cependant les muséums obtiennent des dérogations et peuvent ainsi recevoir des espèces protégées et rares.

La législation sur la protection des espèces est parmi les plus dures et restrictives au sein de l'Europe. En effet, seuls les animaux chassés et les animaux domestiques sont autorisés à la naturalisation pour les indépendants. Le reste des espèces (c'est à dire 90%) est soumis à des autorisations qui ne sont pas accordées aux particuliers. L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage contrôle ces ateliers.

Les lois étant de plus en plus contraignantes, le nombre de taxidermistes indépendants en France est passé de 1200 professionnels dans les années 80 à moins de 250 actuellement.

Un spécimen naturalisé dans un muséum d'histoire naturelle est utile à la recherche scientifique, il vient également enrichir les collections patrimoniales du musée et peut être présenté lors d'expositions.

L'animal fidèlement naturalisé est un inestimable outil pédagogique. Il permet aussi de mettre en garde et d'alerter le public sur les menaces d'extinction qui pèsent aujourd'hui sur de nombreuses espèces.

Informations sur les espèces protégées.

La Buse variable ainsi que la Chouette effraie sont des espèces protégées. Elles sont inscrites à l'Annexe II de la Convention de Washington et à l'Annexe C1 du réglement CEE/CITES.

Explications sur ces termes un peu complexes :

La CITES est une réglementation internationale signée le 3 mars 1973 à Washington. (La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction)

Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

Environ 34 000 espèces animales et végétales sont concernées et sont classées en catégories selon leur vulnérabilité. Elles sont réparties en 3 annexes I, II, III, qui sont toutes trois contrôlées par les douanes aux frontières.

Il existe par ailleurs une réglementation strictement française qui interdit le prélèvement, le transport, le commerce et la naturalisation des espèces protégées, exception faite pour les antiquités, pour les animaux nés d'élevages et marqués ainsi que les animaux légalement introduits en France ou d'espèces domestiques.

Nos moyens d'acquisitions des spécimens

D'où viennent les animaux naturalisés à l'atelier de taxidermie du Muséum du Havre ?

Tous nos spécimens sont morts de morts naturelles, de maladies ou accidentés. Ils ne proviennent en aucun cas de la chasse.

 Nous avons la chance d’avoir différents partenariats :

Il arrive aussi que des particuliers nous apportent des animaux morts.

Toute arrivée est consignée dans un registre.

 

Montage de la Buse variable et de la Chouette effraie par Claire Gohard, taxidermiste au Muséum d'histoire naturelle du Havre.

Photos : Claire Gohard

N'hésitez pas à poser vos questions dans la partie "commentaires" de l'article !

Le quiz !

Diurne ou nocturne ? Ces animaux vivent-ils le jour ou bien la nuit ? Testez vos connaissances sur les rapaces les plus présents dans notre région avec ce petit quiz. Quiz spielen

SCRD : aux petits soins des taxidermies du Muséum

 

SCRD, héritière de la Compagnie Française des extraits, est spécialisée dans les produits chimiques pour la tannerie ainsi que dans la fourniture d'extraits végétaux, tannants ou colorants, pour toutes les industries qui les utilisent.

SCRD SAS soutient le Muséum dans ses travaux de restauration de taxidermies : mise à disposition de produits liés à la restauration, d'un laboratoire pour le tannage des peaux et  des compétences d'un technicien spécialisé.

En savoir plus sur SCRD

rapace - buse - chouette - taxidermie

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