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Les explorateurs #2: Saint-Hilaire et le polyptère

13 April 2017 

A la toute fin du 18ème siècle, plus de 150 savants embarquent aux côtés des militaires pour la campagne d'Egypte. Parmi eux, le jeune naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire fera au pied des pyramides une singulière découverte... Partons cette semaine avec Marie Fisler à la rencontre du polyptère, un petit poisson qui apporta de grands changements à la classification du vivant !

Depuis quelques mois déjà, de drôles de passionnés déambulent dans les rues et les jardins pour capturer Pikachus, Rnflex et autres Bulbizarres. Seraient-ils, sans le savoir les héritiers des voyageurs naturalistes qui partaient explorer le monde pour découvrir de nouvelles espèces ? Partez à leur découverte avec cette nouvelle série !

Des savants dans la campagne d'Egypte...

De 1798 à 1801, le général Bonaparte – futur Napoléon Ier – mène une expédition militaire en Égypte. Le but : freiner l’Angleterre sur la route des Indes. Et, pour gêner les Anglais, les gros moyens sont mobilisés ; 40 000 hommes partent combattre, accompagnés de 10 000 marins et de 400 navires !

Carte de la Basse Égypte - Livre des Campagnes d’Égypte – Bonaparte - Source : Wikimedia Commons - Bruno befreetv - CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16465153

 

Mais les soldats ne sont pas les seuls à partir : ils sont accompagnés de plus de 150 savants. Des inconnus mais aussi de très célèbres : le mathématicien Fourier (qui se consacrera plus tard à la propagation de la chaleur), le physicien Girard, le géologue Dolomieu (spécialiste des volcans), le peintre Denon, le célèbre mathématicien Monge ou le physicien Conté (l’inventeur du crayon à papier). Il s’agit de profiter de la présence française sur place pour étudier tout le pays ! Et, parmi eux, on trouve également deux jeunes naturalistes : Jules-César Savigny et Étienne Geoffroy Saint-Hilaire.

L’expédition atteint l’Égypte en juin 1798. En moins de trois semaines, Alexandrie est prise. L’armée cherche alors à conquérir tout le pays. Les savants suivent et étudient.

Savigny étudie les insectes et les « invertébrés » marins : mollusques, crustacés, etc. Il réalise également de magnifiques planches (peintures) naturalistes d’oiseaux.

Crabes-nageurs, illustration de Savigny.Source : wikimedia Commons - Savigny, Jules-César - http://www.flickr.com/photos/biodivlibrary/9450164917, Domaine public

 

Étienne Geoffroy Saint-Hilaire étudie tout particulièrement les poissons. Enfin, lorsqu’il y arrive. Car il supporte très mal la chaleur et la lumière écrasantes d’Alexandrie ! Il tombe d’ailleurs trop malade pour se joindre à l’exploration de la Syrie. Un malheur n’arrivant jamais seul, le bateau qui transportait les instruments de mesure des savants a coulé.

"Un polyptère est apparu !"

En 1799, on lui amène un bien étrange animal. Tout comme les carpes, les poissons-clowns ou les harengs, il a des écailles et des arêtes. Il vit et respire dans l’eau. Comme ses cousins. Mais il respire également dans l’air, avec des poumons Et là, c’est plutôt inédit.

Polypterus bichir, le polyptère de Geoffroy Saint-Hilaire - Auteur : P. Greene

 

Cet animal, que l’on sait aujourd’hui être proche cousin des carpes, esturgeons et poissons-clowns, est appelé « polyptère ». Il vit dans le Nil et dans les fleuves d’Afrique centrale.

Nous possédons, nous, humains (mais également les chiens, chats, oiseaux ou grenouilles vertes) un ancêtre commun avec les carpes et les poissons-clowns. Cet ancêtre a vécu il y a très longtemps. Il nous a légué à tous plusieurs points communs, dont la structure de notre squelette (en os). Mais également, on le sait aujourd’hui, des « sacs aériens ». Hé oui : l’ancêtre des carpes, des poissons-clowns et des harengs pouvait probablement respirer en dehors de l’eau !

Ces organes se sont ensuite transformés, au fil des générations. Chez certains, ils sont devenus incapables de véhiculer l’air vers le corps de l’animal. Inutiles ? Non : ils leur permettent de flotter entre deux eaux, et de dormir tranquillement. C’est la « vessie natatoire » de votre poisson rouge. Chez d’autres espèces, des alvéoles sont apparues. Nos propres poumons sont ainsi. Et puis, il y a notre polyptère, capable de respirer à la fois dans l’eau et dans l’air.

Dessin du polyptère –  Auteur : Günther, A.C.L.G., 1880. ''An introduction to the study of fishes''

 

L’anecdote dit que Geoffroy Saint-Hilaire fut tellement émerveillé par cette découverte qu’il proclama qu’elle justifiait à elle seule la campagne d’Égypte.

Le polyptère ? Un petit poisson caché au pied des pyramides…

 

 


Texte : Marie Fisler

Relecture et mise en ligne : Alice Michonnet

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