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Licornes et ornithorynques #2

13 September 2017 

Parfois, des scientifiques se font des farces. Inventant de faux fossiles ou animaux, ils rappellent à leurs collègues qu’il ne faut pas croire tout ce que l’on nous dit, mais de vérifier et vérifier encore ce qui nous semble étrange ou que l’on ne comprend pas. C’est aussi ça, la pratique scientifique !
Mais parfois, le but n’est pas de faire rire (et réfléchir). Il arrive aussi de se tromper sincèrement

Gessner et la licorne

Bien plus tôt, entre 1551 et 1587, le naturaliste Conrad Gessner publie son Historia animalium, ou « histoire des animaux ». C’est un immense ouvrage, qui décrit des centaines d’espèces, accompagnées d’illustrations. Un peu comme dans un dictionnaire, Gessner veut y montrer toutes les espèces connues de son époque. Mais il lui est impossible de voyager pour les étudier toutes ! Alors, il lit les travaux des autres naturalistes, et demande à des amis, situés dans d’autres pays, de lui envoyer des informations.

C’est ainsi qu’aux côtés des vaches ou des chiens, le lecteur découvre girafes, rhinocéros ou pieuvres. Comme les espèces sont dessinées d’après de simples descriptions et que le dessinateur n’a pas vu l’animal « en vrai », beaucoup peuvent nous sembler étranges.

341481Le Rhinocéros de GessnerLe Rhinocéros de GessnerZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/rhinoceros.jpg
1000636La girafe de GessnerLa girafe de GessnerZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/girafe.png?itok=NG4LUFND
8131120Le taureau de GessnerLe taureau de GessnerZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/taureau.jpg
1000857Le dodo de GessnerLe dodo de GessnerZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/le_dodo.jpg?itok=TJxOScIw

Mais, à leurs côtés se trouvent aussi des animaux beaucoup plus étranges. Parmi eux, une licorne, un « moine-poisson » et de nombreux monstres marins. Et tous n’ont pas le même statut !

605708Une licorne sauvage !Une licorne sauvage !Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/licorne.jpg
366242Moine poissonMoine poissonZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/moine_poisson.jpg
1000671Quelques monstres marinsQuelques monstres marinsZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/monstres_marins.jpg?itok=ejKfEnLi
1000671Quelques monstres marinsQuelques monstres marinsZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/monstres_marins_2.jpg?itok=0wNAm7-_
1000671Quelques monstres marinsQuelques monstres marinsZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/monstres_marins_3.jpg?itok=2WkcdL2L

Ainsi, Gessner rapporte que le « moine-poisson » a été trouvé au large de Copenhague. Sa description est scientifique et rigoureuse, et il est tout à fait possible qu’il s’agisse en fait d’un petit poulpe ou d’un « ange de mer » (un petit requin).

En ce qui concerne la licorne, il explique que le dessin n’a pas été fait d’après des observations scientifiques, mais qu’il est très probable que l’animal existe vraiment. Il ne reste plus qu’à en trouver et capturer une pour l’étudier !

En revanche, Gessner doute de l’existence des monstres marins. Mais, comme l’on dit parfois, on ne sait jamais. Et puis, il admet qu’il n’est jamais allé en mer. Alors, dans le doute, pourquoi ne pas les dessiner aussi ?

Et l’ornithorynque, dans tout cela ?

Le premier ornithorynque est arrivé en Angleterre en 1798. L’année suivante, les naturalistes hésitaient toujours : s’agissait-il d’une plaisanterie particulièrement réussie (personne n’avait réussi à trouver les traces de couture) ou d’un vrai animal ?

Le Dr. George Shaw, bien que convaincu qu’il s’agissait d’un canular, tenta de trouver un nom à l’animal : Platypus anatinus. Platypus signifie « pieds plats », et anatinus « à forme de canard ». Au même moment, un scientifique allemand, Blumenach, proposa un autre nom : Ornithorhynchus paradoxus, ce qui signifie « étrange » et « à bec d’oiseau ». Finalement, c’est le nom d’Ornithorhynchus anatinus qui sera conservé.

Et notre ornithorynque n’est ni une plaisanterie, ni l’étrange bébé d’une loutre et d’un canard ! C’est un mammifère, tout comme nous, un kangourou ou un chat. Mais, au contraire d’un kangourou, d’un chat ou de nous-mêmes, il ne garde pas ses bébés dans son ventre. Et il a d’autres particularités (comme des aiguillons venimeux) que nous n’avons pas.

Ainsi, un kangourou, un ornithorynque et nous-mêmes avons plus de points communs entre nous qu’avec un canard. Mais nous avons nous-mêmes plus de points communs avec le kangourou qu’avec l’ornithorynque ! En plus de notre goût pour les blagues...

Pour en savoir plus :

Sur Conrad Gessner :

Un excellent article sur ses illustrations (en anglais)

http://www.rhinoresourcecenter.com/pdf_files/128/1286404337.pdf

 

Sur l’ornithorynque :

Quand Madmoizelle parle d’ornithorynques

http://www.madmoizelle.com/ornithorynque-animal-fantastique-drole-323700

 

Physiologie de l’ornithorynque

http://blog.cpi-plongee.fr/Documents/Bio/l-ornithorynque.pdf

 


 

Texte et iconographie : Marie Fisler

Relecture et mise en ligne : Pauline Jardin

sciences, chimères, découverte, Licornes, Ornithorynques

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