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Top 10 des espèces les plus résistantes au froid

25 January 2017 

Vous aimez avoir le bout du nez rouge ? Rien ne vous plait tant que de flâner dans les rayons des sticks à lèvres ? La chair de poule vous ravit et les doigts bleus vous rendent joyeux ?
Alors c'est certain, vous êtes psychrophile ! Psychro-quoi ?!

Découvrez avec nous le top 10 des espèces qui - comme vous, donc - sont les plus résistantes au froid...Et vous serez surpris de voir qui sont les premiers !

A-gla-gla

Il fait drôlement froid, dehors, vous ne trouvez pas ?

Normal : c’est l’hiver. Et puis, il faut s’estimer heureux : chez nous, -20°C est un extrême. Surtout au Havre, cela arrive rarement.

En revanche, il existe des endroits dans la planète où il fait beaucoup, beaucoup plus froid. Est-ce que l’on peut encore y trouver de la vie ? Existe-t-il des espèces qui aiment particulièrement le froid ? Qui est plus fort que trois pulls et une couette réunis ?

Bienvenue dans le monde des Psychrophiles, les espèces les plus résistantes au froid…

10 : la marmotte (Marmota marmota)

En hiver, à la montagne, il y a ceux qui se promène, font du ski ou de la luge, randonnent ou glissent. Malgré l’effort, une seule solution : de gros vêtements chauds. Et des pauses de temps en temps.

Et puis, il y a ceux qui restent là à dormir. Parmi eux, la marmotte. Elle, le froid hivernal, elle en a fait un rythme de vie…

Son secret : Une vie au ralenti. Protégées par une épaisse couche de graisse et blotties les unes contre les autres, elles dorment profondément pendant les longs mois d’hiver. La température de leur corps perd ainsi plus de 30°C !

9: La grenouille des bois (Rana sylvatica)

Cette petite grenouille, que l’on trouve au nord des États-Unis et au Canada, mesure entre 5 et 7 cm. Elle est brune, et vit dans les bois.

Son secret : elle serait d’une banalité sans pareille si elle n’était pas capable de supporter d’être complètement congelée ! En hiver, elle s’installe sous terre et arrête de respirer. Et de faire circuler son sang, aussi. Et cela ne la tue pas ! Au contraire : au printemps, elle reprend sa petite vie tranquille.

8: L'ours polaire (Ursus maritimus)

L’ours polaire est l’un des plus grands carnivores terrestres. C’est aussi un inconditionnel du froid. Il vit en Arctique, où il parvient même à nager dans les eaux glaciales pour chasser !

Son secret : Une bonne réserve de graisse. Mais aussi un pelage très particulier ! En effet, l’ours polaire n’est pas vraiment blanc. Sa peau est même noire ! En fait, ses poils n’ont aucune couleur. Ils sont complètement transparents, contrairement à ceux d’une souris blanche par exemple. Leur couleur est due à un effet de lumière. Leurs poils sont très denses et épais : cela leur permet de conserver leur chaleur.

10001000La marmotteSource : Wikimedia Commons – Kuebi (Armin Kübelbeck), CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7527672La marmotteSource : Wikimedia Commons – Kuebi (Armin Kübelbeck), CC BY-SA 3.0,...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/marmota_marmota_0.jpg?itok=ytX-wVQQKuebi (Armin Kübelbeck)
240320La grenouille des bois...en pleine forme ! Source : Wikimedia CommonsLa grenouille des bois...en pleine forme ! Source : Wikimedia CommonsZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/rana_sylvatica_0.jpg
8011200Ours blanc(qui tire la langue) Source : Wikimedia Commons – Christopher Michel - https://www.flickr.com/photos/cmichel67/19443086819/in/dateposted/, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=41530813 Ours blanc(qui tire la langue) Source : Wikimedia Commons – Christopher Michel -...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/ours_blanc_0.jpgChristophe Michel

7 : Le manchot empereur (Aptenodytes forsteri)

Voilà : en Antarctique, il fait froid. Mais vraiment froid. Pendant l’été, au bord de l’océan, au plus chaud de la saison, vous ne dépassez pas les 4°C sous abri. Et là, c’est canicule. Mais c’est encore trop chaud pour l’Empereur, qui s’installe tranquillement dès l’automne. Il se reproduit là-bas, pendant l’hiver. Au menu : du blizzard, des tempêtes, des nuits de 22h, des centaines de kilomètres à parcourir à pattes. Et des températures descendant allègrement sous les -30°C.

Son secret : le gras, c’est la vie. Mais pas seulement. Surtout, il y a des plumes : quatre couches, si denses qu’aucun autre oiseau n’en a une telle concentration ! Ce sont elles qui le protègent du froid. En plus, son bec et ses ailes sont petits, ce qui évite de perdre de la chaleur par là.

6 : Le capelan (Mallotus villosus)

Ce petit poisson vit dans les mers froides de l’Arctique et de l’Atlantique. On peut le manger – il paraît que c’est très bon. On peut aussi admirer sa résistance au froid.

Pour pondre, les capelans enterrent leurs œufs dans le sol. Parfois, même, sur celui des plages, portés par les vagues et comptant sur elles pour ne pas s’échouer !

Mais là, la température est très froide. On peut atteindre les -11°C ! Et pourtant, les capelans – et, surtout, leurs œufs – résistent…

Son secret : la surfusion. C’est un phénomène physique qui permet, par exemple, à de l’eau de ne pas geler alors qu’elle le devrait, puisque l’on est bien en-dessous des 0°C. Les œufs du capelan peuvent ainsi résister au froid même en étant pris dans la glace ! De même, le sang des Notothénioides contient de l’antigel qui leur permet de ne pas geler par presque -2°C…

5 : Le coléoptère Dendroides canadensis

Ce petit insecte noir et rouge vit en Amérique du Nord. Ses larves hibernent. Et peuvent, parfois, résister à des températures atteignant les -28°C !

Son secret: Son corps parvient à résister à la glace. Rien que ça ! Mais cela peut changer selon les années, et l’on a observé d’autres Dendroides canadensis ne pas résister à des froids pourtant moins intenses.

525800Petit groupe de manchots empereurs en mer de WeddelSource : Wikimedia Commons – Hannes Grobe/AWI, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8845198Petit groupe de manchots empereurs...Source : Wikimedia Commons – Hannes Grobe/AWI, CC BY 3.0,...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/aptenodytes_forsteri.jpgHannes Grobe/AWI
309640Un capelanSource : Wikimedia CommonsUn capelanSource : Wikimedia CommonsZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/mallotus_villosus.gif
373560Coléoptère Dendroides canadensisen rouge et noir... Source : www.bugguide.net Coléoptère Dendroides canadensisen rouge et noir... Source : www.bugguide.net Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/coleoptere.jpgbugguide.net

4 : La mouche arctique (Rhabdophaga strobiloides)

Cette mouche vit, comme son nom l’indique, en Arctique. Et ses larves peuvent survivre à des froids atteignant les -56°C !

Son secret: notre petite mouche est gonflée de glycérol, un alcool que l’on trouve à l’état naturel dans notre corps aussi. Mais en des quantités bien moindres ! Là, il aide la petite bête à ne pas geler, empêchant la glace de se former.

3 : Le nématode antarctique (Panagrolaimus davidi)

Cet animal est un nématode (un cousin éloigné de l’Ascaris qui parasite notre chat ou notre intestin), mais qui aime particulièrement le froid. Il peut résister à des températures allant jusqu’à -60°C !

Son secret : Il en a deux. Tout d’abord, l’eau. Si le froid est trop intense, son corps peut y résister en se plongeant complètement dans l’eau. Mais s’il n’y a pas d’eau à proximité, alors c’est le contraire : il se dessèche, se vide de toute son eau… Et est ainsi bien moins sensible à la glace !

2 : La mouche Chymomyza costata

Cette mouche vit en Europe du Nord, et notamment en Suède. Elle est brune, se nourrit de fruits… et peut, accessoirement, résister à des températures descendant sous les - 100°C.

Son secret: résister à la glace. Elle parvient ainsi à rester en vie même si une partie de son corps est gelée !

7341011Frimousse de nématodeoui, bon... Source : http://jeb.biologists.org/content/jexbio/208/12/2433/F5.large.jpgFrimousse de nématodeoui, bon... Source : http://jeb.biologists.org/content/jexbio/208/12/2433/F5.large.jpgZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/f5.large_.jpg
9791182Mouche Chymomyza costataCette mouche n'a ni cape ni collant mais c'est un super-héros. Si si ! Source : http://www.diptera.info/forum/attachments/dsc_7897_1.jpgMouche Chymomyza costataCette mouche n'a ni cape ni collant mais c'est un super-héros. Si si ! Source :...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/dsc_7897_1.jpg
1000967Mouche arctiqueMouche arctiqueZoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/styles/exposition_portrait/public/multimedia/rhabdo.jpg?itok=Hw0TUdpxDessin : Marie Fisler

1 : Le tardigrade, champion toutes catégories !

Quatre espèces au coude à coude, par de jaloux : Richtersius coronifer, Milnesium tardigradum, Echiniscus testudo et Ramazzottius oberhaeuseri

En fait, ici, nous trichons un peu. Le tardigrade, qui mériterait un article à lui tout seul, résiste à tout. Chaleur, froid, faim, pression, rayonnements… Il est le Chuck Norris du vivant.

Alors, pour vérifier cela, en 2007, une équipe de scientifiques a ramassé quatre espèces de tardigrades et les a jetées dans l’espace. Comme ça, sans prévenir. -272°C, pas d’air, pas de pression atmosphérique, des rayons X à en tuer un astronaute en quelques minutes…

Une semaine plus tard, les deux tiers des tardigrades étaient toujours vivants, et en pleine forme. Ils sont comme ça, les tardigrades : il ne faut pas trop les embêter. On se lasse le premier…

Leur secret : la cryptobiose. C’est une sorte de super-hibernation qui survient lorsque les conditions sont vraiment trop extrêmes. Le tardigrade se dessèche et se rétracte, attendant – parfois pendant des années ! – des conditions meilleures.

931800Richtersius coronifer Source : Wikimedia Commons – Par Halberg KA, Jørgensen A, Møbjerg N — http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0085091, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38026333Richtersius coronifer Source : Wikimedia Commons – Par Halberg KA, Jørgensen A, Møbjerg N —...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/richtersius_coronifer.pngHalberg KA, Jørgensen A, Møbjerg N
534800Milnesium tardigradumSource : Wikimedia Commons – par Frank Fox - http://www.mikro-foto.de, CC BY-SA 3.0 de, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20217344 Milnesium tardigradumSource : Wikimedia Commons – par Frank Fox - http://www.mikro-foto.de, CC BY-SA 3.0 de,...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/milnesium_tardigradum.jpgFrank Fox
450285Echiniscus testudoSource : Wikimedia Commons – D’après Brockhaus et Efron, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15772066 Echiniscus testudoSource : Wikimedia Commons – D’après Brockhaus et Efron, Public Domain,...Zoom http://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/echiniscus_testudo.jpgBrockhaus et Efron

Pour en savoir plus, notre conseil de lecture :

Life at the limits, Organisms in extreme environments (David A. Wharton), Cambridge University Press, 2007.

Une vraie mine d'or pour les passionnés !

 


Texte et iconographie : Marie Fisler

Relecture et mise en ligne : Alice Michonnet

 

Crédit de l'image de titre (et non, ce n'est pas le chien du Muséum...) : Ebowalker, Pixabay, https://pixabay.com/fr/chihuahua-chien-couverture-froid-633962/

top - psychrophile - tardigrade - ours blanc - froid - hibernation - glycérol - surfusion - cryptobiose - mouche arctique - eau - gel - climat extrême - physiologie

Par Le Muséum du Havre le 26 Janvier 2017 à 09:43

En effet ! Merci Dr Goulu, c'est corrigé :)

Par Dr. Goulu le 26 Janvier 2017 à 09:32

"La mouche Chymomyza costata ... peut résister à des températures descendant sous les 100°C."

Moi aussi ! C'est au dessus que j'ai des problèmes :-)

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