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Renaissance : quelques siècles qui changent tout

31 July 2013 

Les grands voyages autour du monde ont-ils changé la manière de classer le vivant ?
Un "dictionnaire des plantes" sert-il à quelque chose ?
Peut-on classer différemment ?

Toutes les réponses - et bien d'autres encore - dans le troisième article de notre série !

Épisode 3 : à la Renaissance

L'alphabet : si inutile que celà ?

On fait généralement commencer la Renaissance en 1492, avec la découverte de l'Amérique. C'est le début des grands voyages autour du monde : on part explorer de nouvelles contrées. De nouvelles plantes exotiques sont ramenées de l'Orient et l'on s'en va à la recherche des végétaux de Dioscoride.

Mais la manière de classer ces nouvelles plantes ne change pas… jusqu’aux années 1540. Gessner en 1541, Fuchs en 1542 et Camerarius en 1586 publient des ouvrages qui ont un même point commun : pour la première fois, les êtres vivants y sont classés par ordre alphabétique !

Cela n’est pourtant d’aucune utilité : pour avoir des informations sur la plante qu’il voit, le lecteur a besoin de son nom et l’ordre alphabétique ne l’aidera pas ! Malgré tout, cette manière de classer est révolutionnaire : elle est la première à s’éloigner de la tradition antique.

L’émulation provoquée est intense. De nombreuses nouvelles classifications apparaissent : Fuchs se base sur l'apparence générale des fleurs, leur odeur ou la forme des feuilles. Zaluziansky classe les plantes de manière arborescente.

Tournefort, du bas vers le haut

Tournefort regroupe les fleurs en genres. Mais il propose surtout une méthode agglomérative plutôt que divisive. Lorsque l’on divise, on prend tout ce que l’on connaît (plantes, fleurs, animaux, etc) et on coupe l’ensemble en deux suivant un ordre donné (les animaux / les végétaux par exemple). Puis on recoupe encore chaque groupe en deux (les animaux marins / les animaux terrestres). Et ce jusqu’au niveau que l’on souhaite !

Tournefort, au contraire, préfère partir du bas, de la plante qu’il trouve. Puis il regroupe les plantes qui se ressemblent. Il rassemble alors les groupes qu’il vient de former en groupes un peu plus gros, etc. Il part donc de la plante qu’il observe pour aller vers toutes les plantes du monde !

 

Au même moment, les instruments de mesure progressent, et l'on découvre l'infiniment petit. Après les voyages autour du monde, les limites de ce que l’on connaît sont encore repoussées. Pascal, dans ses Pensées (1670) décrit un animal microscopique : le Ciron, un acarien.

Trente-sept ans plus tard, en 1707, naissent deux hommes qui vont, chacun à sa manière, révolutionner la classification du vivant : Linnaeus (ou Linné) et Buffon...

À suivre !

 

Texte : Marie Fisler

  Les épisodes précédents :

Épisode 1 : Des classifications antiques (17 juillet)

Épisode 2 : Au Moyen-Âge (24 juillet)

Première série : la sélection naturelle

Épisode 1 : Des yeux et des pigeons (19 juin)

Épisode 2 : Des chats au pôle nord (26 juin)

Épisode 3 : Des textos et des zombies (10 juillet).

 

 

classification - Renaissance - Tournefort - sciences

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