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Expédition Makay 2017 - épisode 3

17 janvier 2018 

Pour ce dernier épisode, une interview de Julien Chapuis de Natexplorers ! Julien est un des responsables de la médiation scientifique avec Barbara Réthoré sur l'expédition de l'été dernier, Makay 2017. Au programme: des questions... et des réponses !

Si vous n'avez pas suivi nos deux derniers épisodes (vous pouvez les retrouver ici et ici !), rappelons quelques points ! L'expédition Makay 2017, qui a pour objectif final de protéger ce "coffre-fort de biodiversité", a été menée par Naturevolution, association fondée par Evrard Wendenbaum, et de nombreux acteurs y ont pris part : citons notamment de nombreux chercheurs et étudiants, des dessinateurs scientifiques ou encore des médiateurs et vulgarisateurs scientifiques. Les responsables de cette médiation scientifique sont l'équipe de Natexplorers à savoir Barbara Réthoré et Julien Chapuis !

Pourquoi s'associer à cette expédition ?

"Les raisons sont multiples. La plus évidente est qu’il existe une réelle filiation entre l’expédition Makay 2017 et les missions que nous avons menées auparavant en Amérique centrale. Depuis 2013 et notre première expédition, nous concentrons en effet nos efforts et nos actions sur les hotspots de biodiversité de la planète. Madagascar est l’un d’entre eux et le Makay fait figure de « point chaud dans le point chaud ». C’était aussi une occasion unique de collaborer avec des personnes que nous apprécions et dont nous apprécions le travail. Avec Evrard Wendenbaum (chef d’expédition) et Aurélie Calmet (dessinatrice de terrain), nous réfléchissions depuis un certain temps à travailler autour d’un projet commun. Alors quand Evrard nous a appelés début 2017 pour nous proposer de participer à l’expédition, il n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour nous convaincre !"

Comment s'y prépare-t-on ?

"Il n’y a pas de recette miracle. Physiquement, nous essayons toujours de penser notre préparation en fonction des conditions rencontrées sur place. Dans le cas du Makay, il s’agissait par exemple de randonner avec des charges importantes dans le lit d’une rivière. Concernant le matériel, le raisonnement est similaire. L’équipement doit avant tout répondre aux exigences du terrain. Vient ensuite la nécessité de trouver des partenaires techniques, indispensables pour diminuer les coûts importants liés à ce type de mission – tout cela demande beaucoup de temps et d’investissement."

Quels sont les risques ?

"Le plus grand risque est lié à l’isolement et l’éloignement du massif du Makay. Si l’on prend l’exemple d’une évacuation sanitaire : il faut plusieurs heures par hélicoptère et plusieurs jours par voie terrestre pour rejoindre Antananarivo, la capitale. Dans ce contexte, tout problème, même infime, peut dégénérer s’il n’est pas traité rapidement. C’est pourquoi il était indispensable que des professionnels médicaux soient présents tout au long de l’expédition pour s’occuper des « petits bobos » (ampoules, piqûres, crampes…) et de cas plus graves (infections, entorses, fractures…)."

Petite vidéo pour montrer l'environnement dans lequel ont évolué les explorateurs !

Qu'avez-vous le plus apprécié ?

"Sans doute parce que c’est au cœur de notre métier de médiateurs scientifiques, le partage de connaissances entre chercheurs et éco-volontaires – et inversement – nous a tout particulièrement marqué. Il a débouché sur des situations singulières, assez uniques à vivre et à documenter. Une expédition de ce type offre des imbrications étroites entre le monde scientifique et la société civile. Le pari est osé : faire cohabiter sur le terrain – et qui plus est, sur un terrain exigeant – autant de personnes d’horizons différents. Aujourd’hui, on peut dire que le pari est réussi !"

Vos rencontres les plus surprenantes ?

"Elles ont été nombreuses. Si l’on devait en retenir deux, ce serait tout d’abord celle du serpent Langaha madagascariensis, qui n’avait encore jamais été observé dans le massif ; et ensuite celle du tout premier crabe du Makay (Hydrothelphusa sp.), découvert par les scientifiques de l’expédition."

Plus d'infos sur le crabe ici et sur le serpent ici !

Comment se décompose votre travail de médiation ?

"Il se décompose en trois temps :

  • L’avant-mission, où nous dressons un état des lieux des connaissances sur le sujet et le lieu concernés ; où nous définissons les grands axes à exploiter sur le terrain et les outils nécessaires à leur développement ; et où nous initions le travail de médiation en lui-même.
  • La mission, pendant laquelle nous nous concentrons sur la récolte de données scientifiques et audiovisuelles – matériau de base à notre « narration ». Cet été, nous avions également pour objectif avec Naturevolution de faire vivre l’expédition de l’intérieur au plus grand nombre via un carnet de bord, les réseaux sociaux…
  • L’après-mission, phase la plus longue du processus, où nous développons une médiation d’ampleur, incarnée et interactive – films documentaires, expositions, ateliers, conférences… –, à partir du matériel accumulé sur le terrain."

Quels sont vos projets futurs ?

"Entre la création et la présentation de supports de médiation scientifique, l’expédition Makay 2017 va continuer de nous suivre pendant de longs mois. Le partenariat avec Naturevolution – déjà initié plusieurs mois avant la mission – n’est donc pas prêt de s’arrêter ! En parallèle, nous réfléchissons à de nouveaux projets d’étude, de valorisation et de préservation de la nature dans les hotspots de biodiversité. Nos pensées se tournent notamment vers le Panama et la région du Darién, où nous souhaitons poursuivre le travail initié en 2016 au cours d’une précédente expédition."


Propos de Julien Chapuis recueillis par Mathilde Créton

sciences - biodiversité - expédition - découverte - Makay - nouvelles espèces

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