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Lamarck : la première théorie de l'évolution !

28 août 2013 

Qui est l'auteur de la première grande théorie de l'évolution ?
Pourquoi la girafe tend-elle le cou ?
Des animaux peuvent-ils apparaitre à partir de rien ?

Cliquez, et vous saurez tout sur Lamarck et son travail !

Épisode 7 : Lamarck

Lamarck, père de l’idée d’évolution

Lorsque commence le XIXème siècle, plusieurs naturalistes sont convaincus que les êtres vivants se transforment au fil du temps. Buffon a déjà amené, en 1766, l’idée que les animaux se transforment. Cependant, pour lui, ces transformations restent très localisées : un chien et un ver de terre n’ont aucun lien de parenté ! Pourtant, ces idées font leur chemin et évoluent.

Un tournant radical a lieu en 1809, lorsque paraît un livre intitulé Philosophie zoologique. L’auteur en est Lamarck.

Pour la première fois, l’on imagine que tous les êtres vivants évoluent et se transforment, que l’évolution est généralisée. Mais, bien plus, toutes ces formes sont liées ! Tous les animaux d’une part, tous les végétaux de l’autre, se transforment successivement les uns en les autres, comme sur un gigantesque « tapis roulant évolutif ». Après des millions de générations, un poisson deviendrait un reptile ; un reptile évoluerait en oiseau ou en mammifère.

 

Pour expliquer sa théorie de l’évolution, Lamarck propose lui aussi une explication sur la manière dont les bébés se forment dans le ventre (ou dans les œufs) de leurs parents. Cette explication se base sur l’idée de « générations spontanées ».

Une « génération spontanée », c’est de la vie qui apparaît dans un milieu où il n’y en avait pas auparavant. L’idée est très ancienne : Aristote lui-même pensait que des animaux (souris, insectes…) pouvaient naître de « rien ». Lors du XVIIème siècle, des expériences voulurent montrer si la génération spontanée existait ou non. La plus célèbre est celle du naturaliste anglais John Needham. En 1745, il publie son expérience : il ferme hermétiquement des fioles vides, puis les chauffe à une température suffisante pour tuer un insecte ou une souris (défenseurs des animaux attention : les fioles sont bien vides et aucun animal n’a été maltraité durant l’opération). Puis, quelques jours après, il observe l’intérieur de la fiole avec son microscope et trouve… des microbes !

Son expérience fut remise en cause par d’autres scientifiques qui montrèrent que Needham n’avait simplement pas assez chauffé ses fioles pour tuer tous les microbes. Cependant, Lamarck va dans le sens de la génération spontanée. Suivant sa théorie, des microbes (ou « infusoires » apparaissent sans cesse, et partout. Le temps de lire ces lignes, et des infusoires sont encore apparues ! Seulement, ces êtres vivants sont très simples. Ils n’ont ni cerveau ni tête, ni pattes ni organes. Par contre, ils sont capables de se reproduire et de faire des bébés qui leur ressemblent. Qui leur ressemblent… ou presque. Car Lamarck imagine qu’à chaque génération, le bébé à venir serait un tout petit peu plus complexe que ses parents. Il explique cela par la médecine. En premier dans l’œuf ou le ventre de la mère, dit-il, se formerait le cœur. Ce cœur commencerait à propulser du sang. En coagulant, le sang formerait les organes. Or, à chaque génération, le sang pourrait être propulsé un tout petit peu plus loin, et donc former des organes un tout petit peu plus complexes ! Cela ne se remarquerait pas sur le temps d’une vie – ou d’une civilisation – humaines, mais formerait une grande chaîne de l’évolution du vivant.

Pour Lamarck, les oiseaux actuels, par exemple, descendraient de reptiles qui auraient vécu il y a très longtemps. Les reptiles actuels seraient donc eux aussi amenés à devenir, dans très longtemps, des oiseaux !

 

422319Lamarck et l'évolution du vivantLamarck et l'évolution du vivantAgrandir l'imagehttp://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/arbre_lamarck_0.jpg

Pourquoi les écureuils volants volent-ils ?

Lamarck cherche également à comprendre pourquoi les organes des animaux sont si adaptés à l’usage qu’ils en font : la girafe mange tout en haut des arbres de la savane et possède pour cela un long cou ; l’écureuil volant parvient à planer grâce à des replis de sa peau, etc. Ces adaptations seraient, pense-t-il, dues au fait que les animaux répètent encore et toujours les mêmes gestes au fil des générations. Ainsi, à force de sauter des arbres, les écureuils volants auraient fini par développer des ailes. À force de tendre leur tête pour manger, les girafes auraient acquis leur long cou actuel. Au contraire, à force de ne pas se servir d’un organe, celui-ci pourrait disparaître, comme les yeux de certains animaux vivant dans les grottes.

Des « erreurs » fructueuses

Les travaux de Lamarck ont permis aux sciences de la vie de se développer considérablement. Il est le père de l’idée très moderne selon laquelle tous les êtres vivants se transforment avec le temps, et a permis à cette notion de se développer chez les naturalistes.

 Malheureusement, la manière dont il concevait l’évolution et l’adaptation au milieu se sont révélées incorrectes. La génération spontanée n’existe pas. Le vivant n’évolue pas vers le plus grand, le plus intelligent ou le plus complexe. Jamais les serpents, les lézards ou les crocodiles ne deviendront des oiseaux, même dans très longtemps.

Enfin, même si les êtres vivants se transforment au cours de leur vie, cela ne peut pas se transmettre de génération en génération : les bonsaïs sont, à la naissance, des arbres normaux ; les animaux peuvent perdre une patte suite à un accident ou à une blessure ; les enfants qui commencent à travailler très tôt ou qui sont mal nourris ne grandissent pas beaucoup, etc. On dit que les caractères acquis (durant notre vie) ne se transmettent pas. Par exemple, une personne qui perd un bras dans un accident de voiture n’aura pas plus de risque qu’une autre d’avoir un enfant avec un seul bras. Si l’on plante les graines des fruits d’un bonsaï, elles donneront naissance à un arbre de taille normale.

 Pourtant, aujourd’hui encore, on entend parfois parler d’évolution comme l’aurait fait Lamarck. Tel animal descendrait de tel autre (les oiseaux des reptiles, l’homme du singe…). Répéter encore et toujours le même geste, comme taper sur un clavier, entraînerait des modifications de nos doigts qui seraient transmises à nos descendants, ce qui modifierait l’apparence des mains humaines. A force de ne plus s’en servir, les dents de sagesse ou l’appendice iléo-cæcal (qui donne l’appendicite) seraient amenées à disparaître. Et cætera…

Attention encore : on pense souvent que ces idées sont celles de Darwin. Elles sont apparues cinquante ans plus tôt, et sont bel et bien de Lamarck, fondateur de la biologie contemporaine.

Les « enfants » de Lamarck

À la suite de Lamarck, malgré la résistance de certains auteurs comme Cuvier (fondateur de la paléontologie) ou Agassiz (paléontologue et géologue), l'idée d'évolution s'impose chez les biologistes. Cette évolution, suivant les idées de Lamarck, est considérée comme menant vers des animaux toujours plus complexes ou même, parfois, vers un animal bien plus parfait que tous les autres. Sans surprise, cet animal est toujours… l’Homme !

 La première moitié du XIXème siècle est aussi riche en découvertes, comme le polyptère (« poisson » qui a des poumons en plus de ses branchies) ou l’ornithorynque (mammifère qui pond des œufs), mais riche aussi d’idées et de disciplines nouvelles, comme la paléontologie ou l’anatomie comparée.

 En 1859 survient un changement radical avec la publication l’Origine des Espèces de Darwin. Sa grande idée n’est pas l’évolution, qui a déjà un demi-siècle. Pourquoi alors ce scientifique a-t-il laissé son nom dans l’Histoire ?

 La suite au prochain épisode…

 

Texte : Marie Fisler

 

Les épisodes précédents :

Épisode 1 : Des classifications antiques (17 juillet)

Épisode 2 : Au Moyen-Âge (24 juillet)

Épisode 3 : À la Renaissance (31 juillet)

Épisode 4 : Linné (7 aout)

Épisode 5 : Buffon (14 aout)

Épisode 6 : Des arbres...mais pas d'évolution (21 aout)

Première série : la sélection naturelle

Épisode 1 : Des yeux et des pigeons (19 juin)

Épisode 2 : Des chats au pôle nord (26 juin)

Épisode 3 : Des textos et des zombies (10 juillet).

sciences de la vie - Lamarck - évolution - classification

Par Muséum du Havre le 22 Septembre 2016 à 17:34

Bonjour,
voici une réponse que l'auteur de l'article, Marie Fisler, a rédigé à votre attention.

"Alors pour Lamarck, très peu d'expériences. Ce n'était pas l'époque -il était encore dans un paradigme pré-révolutionnaire de ce côté là, contrairement à Buffon. Il a surtout énormément observé les mollusques et autres invertébrés dont il avait la charge de l'étude. C'est là qu'il a constaté les différences et les similitudes, notamment chez les mollusques fossiles. Il constate alors une continuité et une évolution dans leurs formes, avec des périodes de stagnation et d'autres de changement.
Pour la génération spontanée, il a simplement repris l'idée des expériences de l'italien Francesco Redi, au XVIIe siècle. Ces dernières ont eu un sacré succès. En fait, c'est Pasteur qui, un siècle plus tard seulement, a pu les réfuter avec du matériel plus adapté.
Redi avait, suite à ses expériences, conclu que la génération spontanée existait et que du "vivant" pouvait apparaître dans un milieu stérile. En fait, le milieu ne l'était pas...
Alors non, à ce que je sais, Lamarck a été un fin observateur, un théoricien, mais pas un expérimentateur. Il arrivait à rapprocher des faits très éloignés en apparence pour en faire le socle d'une théorie, mais ne le testait pas. D'ailleurs (d'après Tassy, l'arbre à remonter le temps), sa classification n'était surtout qu'une proposition. L'important était le principe ; ensuite, l'ordre de succession des groupes n'était qu'une proposition, à discuter par les spécialistes..."

Par Van den Bergen le 21 Septembre 2016 à 16:51

Bonjour,
Quelles expériences a fait Lamarck pour en venir à ses idées?

Par Jacob le 15 Décembre 2015 à 20:39

Bonsoir, je fait actuellement une formation d'éducateur canin et dans mon devoir ont me demande de donné un exemple de la théorie de Lamarck... Or je suis dans l'impasse.

Par Marie Fisler le 12 Novembre 2014 à 12:54

Bonjour Tiley, et merci pour votre question !

Comme il s'agit d'un devoir, je ne donnerai malheureusement pas la réponse... mais les pistes uniquement.
La première idée est que "Les organes qu'un être vivant utilise intensivement se développent et se renforcent alors que ceux qu'ils n'utilisent pas diminuent de volume". Ce qui, si cela est vrai, signifie qu'en s'entrainant ou lorsque l'environnement le force, il est possible de modifier un petit peu son corps.
Si cela est vrai, cela signifierait par exemple qu'une personne qui fait beaucoup de musculation et qui va tous les jours à la salle de sport aurait, à force de s'entrainer, beaucoup plus de muscles que son frère jumeau qui passe ses journées à faire des grilles de sudoku.
Cela signifierait également que, si un animal (par exemple Choupette, le petit caniche de la voisine) ne fait jamais d'exercice, qu'il passe sa vie dans les bras de sa maîtresse et qu'il ne court pas, alors il sera bien moins musclé qu'un caniche habitué à se promener, à courir et à chasser les pigeons.
C'est, finalement, ce que dit la première théorie. A force de se servir d'un organe, on peut augmenter ses capacités. On peut, si elle est vraie, être plus fort, ou plus rapide, ou plus malin, ou plus souple en s'entrainant.

La seconde idée dit que "Les modifications qu'un organisme acquiert au cours de sa vie se transmettent de génération en génération". Cela veut dire que l'on peut hériter de l'entrainement de ses parents. Par exemple, si vos parents, vos arrière grand-parents, vos arrière-arrière grand-parents (etc...) font beaucoup de sport, alors vous naîtrez très musclé. C'est par exemple ce que disait Lamarck à propos des écureuils volants : à force de sauter des arbres, les écureuils seraient devenue de plus en plus forts au saut et auraient fini par avoir des "ailes" (la membrane de peau sous les pattes).
Alors, les transformations apparues durant la vie d'un être vivant se transmettent-elles à leurs enfants, de génération en génération ?
Vous trouverez la réponse dans le paragraphe "Des erreurs fructueuses" de cet article.

Bon courage pour ce devoir !
Marie

Par Riley le 09 Novembre 2014 à 13:28

bonjour en classe de SVT nous étudions actuellement les théories de Lamarck.
Dans un devoir maison, on nous demande entre ces deux théories laquelle est fausse.
Entre ces deux-là:
"Les organes qu'un être vivant utilise intensivement se développent et se renforcent alors que ceux qu'ils n'utilisent pas diminuent de volume."
Et celle celle-ci:
"Les modifications qu'un organisme acquiert au cours de sa vie se transmettent de génération en génération."
Besoin d'aide svp !! Merci en avance

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