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Linné : Un naturaliste aux nombreux acquis

07 août 2013 

Pourquoi écrit-on les noms des espèces en latin ?
Quels sont les liens entre les loups et les renards ?
L'homme se donne-t-il un genre ?

Découvrez l'un des grands noms de notre petite histoire des classifications : Linné

Épisode 4 : Linné

Une vie consacrée à l’étude du vivant

Linné (ou Linnaeus) naît en 1707. Passionné depuis tout petit par la botanique, il veut y consacrer sa vie. Il commence à étudier les végétaux et découvre Tournefort et sa classification. Il s’en inspire et met au point une nouvelle méthode pour classer les plantes.

Cette méthode se base sur leurs organes reproducteurs : fleurs, étamines, pistils, pétales, pommes de pin, etc. Il sépare par exemple les plantes qui cachent ces organes, comme les fougères, les champignons, les mousses, les algues, etc., et les plantes qui les montrent, comme les fleurs ou les pins.

 

La grande œuvre de Linné est le Systema Naturae, ou « Système de la nature ». Durant trente-cinq ans, de 1735 à 1770, il rédige et complète (en latin !) une immense description de la nature et une méthode de classification des espèces. Le travail est démesuré : la treizième édition fait plus de 5000 pages !

 Après quelques années de travail, Linné commence, aux côtés des plantes, une classification des animaux. Dans le dixième tome du Systema Naturae, il forme six classes d’animaux : les mammifères (Mammalia), les oiseaux (Aves), les amphibiens (Amphibia), les poissons (Pisces), les insectes (Insecta) et les vers (Vermes).

Mais attention : si ces groupes ont des noms qui nous sont familiers, leur contenu est très différent de ce qu’il est aujourd’hui ! Les poulpes, les méduses, les étoiles de mer, les oursins ou même les coquillages sont par exemple rangés dans les vers. Les crabes, les araignées, les scolopendres (mille-pattes) ou les crevettes font quant à eux partie des insectes, “animaux au corps dur”. Les hommes, enfin, font partie du même groupe que les singes et les paresseux, car leurs dents sont semblables.

 

L’héritage de Linné

Avec l’avancée des connaissances, la classification qu’avait faite Linné a depuis été largement revue et modifiée. En revanche, une autre de ses idées est toujours utilisée : la « nomenclature binomiale ». C’est la manière d’écrire le nom scientifique de toutes les espèces vivantes, que ce soient des champignons, des plantes, des bactéries, des animaux, des paramécies, etc.

On écrit toujours ce nom en latin. Cela permet de ne pas faire de jaloux chez les scientifiques du monde entier, car aucun ne vient d’un pays où l’on parle latin.

Chaque espèce a son propre nom : pour le loup, par exemple, c’est lupus (« loup », en latin). Mais surtout, à côté du nom de l’espèce, on place son nom de genre. Un genre, c’est un groupe d’espèces très proches entre elles : plusieurs espèces partagent donc le même nom de genre. Le chacal et le coyote, par exemple, sont très proches du loup : ils sont du même genre, Canis. Le nom scientifique du loup sera ainsi Canis lupus, celui du chacal doré Canis aureus et celui du coyote Canis latrans.

 Enfin, ce nom scientifique s’écrit toujours en italique. Le nom de genre porte toujours une majuscule et celui de l’espèce s’écrit tout en minuscules.

 

Linné classe les espèces vivantes dans des « boîtes » toujours plus grandes.

Il regroupe les différentes espèces (comme le loup, le cheval ou le dauphin) en genres : par exemple, Canis pour le loup et le coyote ou Equus pour le cheval et l’âne. Des genres proches se rassemblent en familles : les Canidés regroupent par exemple les loups, les coyotes et les renards ; les Équidés les chevaux, les ânes et les zèbres ; les Delphinidés les dauphins et les orques, etc. Les familles se regroupent elles-mêmes en ordres : par exemple, les Cétacés (dauphins, orques et baleines) ; les Carnivores (loups, coyotes, renards, chats, lions, hyènes…) ou les Périssodactyles (chevaux, ânes, zèbres, rhinocéros, tapirs…). Les ordres sont regroupés en classes (mammifères, oiseaux, plantes à fleurs…), et les classes en règnes. Il existe trois règnes pour Linné : les animaux, les végétaux et… les pierres !

 

Pourtant, Linné ne croyait pas en l’idée d'évolution. Il pensait que les êtres vivants ne pouvaient se modifier (ou « évoluer ») qu’à cause de changements climatiques (une plante qui pousserait dans un lieu où il y aurait beaucoup de vent, par exemple) ou par hybridation (lorsque deux espèces différentes se reproduisent ensemble, comme un cheval et un âne pour former les mulets ou un tigre et un lion pour former un tigron par exemple).

 

Pourtant, cette idée d'évolution apparaît au même moment. Les deux approches pourront-elles se comprendre ?

À suivre...

 

Texte : Marie Fisler

 

Les épisodes précédents :

Épisode 1 : Des classifications antiques (17 juillet)

Épisode 2 : Au Moyen-Âge (24 juillet)

Épisode 3 : À la Renaissance (31 juillet)

Première série : la sélection naturelle

Épisode 1 : Des yeux et des pigeons (19 juin)

Épisode 2 : Des chats au pôle nord (26 juin)

Épisode 3 : Des textos et des zombies (10 juillet).

Par Marie Fisler le 25 Septembre 2013 à 09:15

Bonjour, et merci pour votre sympathique commentaire !
Les classifications en "boites" de Linné étaient effectivement très novatrices. Aujourd'hui, on n'utilise plus la même méthode pour classer (on regarde tous les organes, et non-plus un seul comme le faisait Linné), mais on classe toujours en boites.
Bientôt, sur ce blog, vous pourrez même vous initier à la classification des êtres vivants !

Marie

Par Vanille le 14 Septembre 2013 à 21:35

Très intéressant !Article qui permet entre autre de comprendre le principe du classement des espèces (boîtes) . Fantastique

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