Vous êtes ici

Flux RSS

SOS craquage de blaireau

13 avril 2018 

Cette semaine, nous sommes de retour dans l'atelier de Claire, notre taxidermiste, pour passer à la loupe une opération de restauration. Un blaireau naturalisé présenté dans l'exposition a eu besoin d'une intervention en urgence, on vous dévoile les détails de cette opération.
Bonne lecture et n'hésitez pas à poster questions et commentaires sous l'article !

Une opération de restauration

Le blaireau mâle de l'exposition a passé quelques jours dans mon atelier pour une petite restauration. Sa couture dorsale a craqué, ce qui arrive parfois sur les anciennes collections de zoologie quand le tannage fut mal exécuté. La qualité de l'air, l'humidité ou les variations de température peuvent aussi jouer.

Dans le métier de taxidermiste, on ne travaille pas uniquement sur de nouveaux montages, on doit également travailler sur les collections existantes : on appelle cela la restauration. Je travaille ainsi sur des restaurations de taxidermies anciennes comme récentes.

Aujourd'hui, on part donc à la découverte des étapes de la restauration de notre blaireau...

L'opération commence...

Avant de démarrer, on commence par un état des lieux qui va permettre de bien calibrer l'intervention. Ici, la couture est visible et ouverte sur environ 30 centimètres de long. La peau s'est écartée et elle laisse apparaître le mannequin de mousse.

Habituellement, on préférera positionner une couture dans une zone moins visible, comme le dessous du ventre par exemple. Regardez la girafe ou le rhinocéros au Muséum, comme ils sont en hauteur, c'est facile à observer !

L'opération commence...

Première étape : je comble le trou de la couture avec de la terre autodurcissante, que je teinte ensuite avec des poudres naturelles se rapprochant le plus possible des couleurs du pelage.

Pour combler les manques de poils, j'utilise des morceaux de peaux de blaireaux dont je dispose à l'atelier.

Mais que trouve-t-on dans une taxidermie ?

Je vous montre ci-dessus, en exemple, un mannequin conçu pour le montage d'une taxidermie de blaireau. Il est en mousse polyuréthane (on dit aussi "mousse P.U") avec ferrailles intégrées. Le corps est en mousse P.U molle et la tête est en mousse P.U dure : on peut ainsi tordre les ferraillles et positionner l'animal dans la posture voulue.

On parle ici de technique dite "moderne", contrairement au montage à la "paille" appelé "ancien".

Et les finitions...

Les finitions sont légères et consistent en un petit coup de peigne pour remettre le pelage en forme. Et voilà le résultat !

On dit qu'une bonne restauration doit se voir de près mais pas de loin. Qu'en pensez-vous ?

Zoom sur le matériel de restauration

J'aime travailler avec des matériaux naturels comme ces poudres teintées et la terre autodurcissante pour le modelage. Pour plus de réalisme, j'utilise un produit qui redonne l'aspect humide autour des yeux et des narines.

Ce sont ces petits détails qui donnent un beau résultat naturel.Un

 

Prêt pour son retour dans l'exposition !

Notre blaireau va pouvoir retrouver sa vitrine et vous pourrez de nouveau le découvrir dans l'exposition actuellement présentée au Muséum : "Le Génie de La Nature" !

 

En savoir plus sur le blaireau...

Un vrai batisseur souterrain

Ce mustélidé (une famille dans laquelle on retrouve aussi la loutre, le furet, la fouine, la belette, l'hermine...) est reconnaissable à sa tête blanche avec deux bandes noires qui lui traversent les yeux. Il est essentiellement nocturne et crépusculaire.

Armé de puissantes griffes non rétractiles, il creuse le sol pour se constituer un vaste terrier et forme ainsi des tunnels et galeries sous la terre, véritables villes souterraines. Un terrier peut avoir jusqu’à 10 entrées différentes et les nombreuses chambres souterraines sont tapissées d’herbes et de feuilles.

Les blaireaux forment des clans territoriaux, mais plusieurs clans peuvent se nourrir dans la même zone. Chaque membre d’un clan se nourrit solitairement.

Il arrive même que les blaireaux cohabitent parfois avec un renard ou des lapins de garenne.

[Photo: Kalerna CC-BY SA3.0]


Texte et photos (sauf mention contraire) : Claire Gohard

Relecture et mise en ligne : Alice Michonnet

blaireau - taxidermie - atelier - restauration

Votre commentaire a été ajouté à la file d'attente pour modération par l'administrateur du site et il sera publié après son approbation.
Dispostif anti-spam *

Envoyer


* champs obligatoires

Catégories

Archives

Up