Vous êtes ici

Flux RSS

La génétique, c'est pas automatique

18 septembre 2013 

Comment se transmettent les caractères des parents aux enfants ?
Des petits pois jaunes peuvent-ils avoir un bébé tout vert ?
Comment se modifie le vivant ?

Un nouvel épisode de l'histoire des classifications du vivant avec les premiers pas de la génétique !

Épisode 10 : La génétique

Où il n’y a pas de gènes, il n’y a pas de plaisir…

 À la charnière entre les XIXème et XXème siècles, une discipline nouvelle voit le jour : la génétique. Les premiers travaux sur le sujet  sont réalisés par le moine Gregor Mendel.  Ils remontent aux années 1860 mais, tombés dans l’oubli, ne sont redécouverts qu’en 1900.

 

Passionné par les sciences de la nature, Mendel réalise de nombreuses expériences sur les petits pois. De cela, il déduit les premiers principes la transmission des caractères de génération en génération, l’hérédité.

Avant lui, on pensait que les bébés (des plantes, des animaux, des champignons…) étaient le mélange de leurs parents. Mendel montre que les caractères (taille, couleur, forme, etc…) sont portés sur de petits morceaux de « messages », ce que l’on appelle aujourd’hui un gène. Chaque gène est porté en deux exemplaires : l’un hérité de sa mère, l’autre de son père. Attention : ces deux versions de gènes cohabitent, elles ne se mélangent pas. Enfin, les deux exemplaires de chaque gène ne sont pas forcément identiques : c’est cette diversité des gènes qui est à l’origine de la diversité de chacun dans chaque espèce.

4291000Les sept caractères des petits pois étudiés par MendelLes sept caractères des petits...Agrandir l'imagehttp://www.museum-lehavre.fr/sites/default/files/multimedia/mendel_pois.svg_.png

Certaines versions de chaque gène dominent plus que d’autres. Cela veut dire que si l’on porte en même temps une version de gène dominante (par exemple, héritée de sa maman) et une non-dominante (on dit aussi "récessive"), seule la version dominante (ici, héritée de sa maman) s’exprime et est visible. Par exemple, pour les petits pois, la version "jaune" du gène "couleur" l’emporte toujours sur la version "vert". Un petit pois ayant hérité de son papa d'une une version "vert" de son gène de couleur et, de sa maman, d'une version "jaune" sera donc toujours jaune. Par contre, le gène récessif peut être transmis à ses petits. La transmission des gènes se fait au hasard : parmi les deux versions que porte chacun des parents, seule une est transmise. Notre petit pois ayant un gène "vert" et un "jaune" aura donc une chance sur deux de transmettre un gène "vert" à ses petits (et une sur deux de transmettre un gène "jaune" Imaginons que notre petit pois se reproduise avec un autre pois avec un gène "vert" et un gène "jaune" Chacun a une chance sur deux de transmettre un gène "vert" et autant de transmettre un gène "jaune". Ils pourront donc transmettre : - Un gène "jaune" de la maman et un gène "jaune" du papa. Le petit sera jaune ; - Un gène "jaune" de la maman et un gène "vert" du papa. Le petit sera jaune ; - Un gène "vert" de la maman et un gène "jaune" du papa. Le petit sera jaune ; - Un gène "vert" de la maman et un gène "vert" du papa. Le petit sera…vert ! Ainsi, des pois jaunes peuvent avoir des petits de couleur verte, car ils portent un gène "vert"qui ne s’exprime pas mais qu’ils peuvent transmettre.

 

La (re)découverte de Mendel

Après huit ans d’expériences, Mendel publie ses résultats en 1865, mais ils restent dans l'ombre.  En 1900, ils sont redécouverts par trois scientifiques. Le premier est l’autrichien Erich von Tschermak-Seysenegg. Le second, le botaniste allemand Carl Correns, qui a mené des recherches sur le même sujet et trouvé des résultats identiques à ceux de Mendel. Enfin, en 1901, le hollandais Hugo de Vries publie lui aussi ses propres travaux qui aboutissent aux mêmes conclusions !

Mais De Vries va plus loin et fait le lien entre l’évolution, la sélection naturelle et la génétique. Ainsi, il introduit l’idée de « mutations ». Parfois, certaines copies de gènes se modifient. Ces mutations sont rarement visibles car elles se mélangent aux autres versions du même gène. Par contre, elles peuvent êtres soumises à la sélection naturelle : parfois nuisibles à celui qui les porte (un petit pois de 30 kilos, par exemple, ne pourrait pas tenir sur sa tige !), elles peuvent aussi, de temps à autre, l’avantager. Celui qui la porte a plus de bébés que les autres, et cette nouvelle copie de gène se propage au sein de l’espèce.

 

Ce qui est valable pour les végétaux l’est-il aussi pour les animaux ? En 1902, le biologiste Lucien Cuénot démontre que oui en obtienant des résultats identiques sur des souris ! Thomas Morgan, biologiste anglais, étudie quant à lui les mouches du vinaigre (drosophiles) et la manière dont une mutation (le fait d’avoir les yeux blancs) se perpétue dans la lignée. Il parvient grâce à cela à montrer que les chromosomes (déjà connus à l'époque) portent les gènes. Morgan arrive même à établir les premières cartes génétiques, emplacement de chaque gène sur les chromosomes ! En 1933, ses travaux sont récompensés par le prix Nobel de médecine.

Peu à peu, on commence à comprendre pourquoi le vivant se transforme de génération en génération et comment cela se passe. La génétique et la systématique (science de la classification du vivant) se tournent l’une vers l’autre : c’est la naissance de la théorie synthétique de l’évolution.

 

Mais si les principes théoriques de l’évolution commencent à être compris, ceux de la classification du vivant prêtent toujours à débat. Comment classer le vivant ? Quels sont les moyens mathématiques pour y parvenir ? Sur quels critères classer ?

 Affaire à suivre...

 

Texte : Marie Fisler

 

Les épisodes précédents :

Épisode 1 : Des classifications antiques (17 juillet)

Épisode 2 : Au Moyen-Âge (24 juillet)

Épisode 3 : À la Renaissance (31 juillet)

 Épisode 4 : Linné (7 aout)

Épisode 5 : Buffon (14 aout)

Épisode 6 : Des arbres...mais pas d'évolution (21 aout)

Épisode 7 : Lamarck (28 aout)

Épisode 8 : Tout sur Darwin ! (4 septembre)

Épisode 9 : Perdus après Darwin (11 septembre)

Première série : la sélection naturelle

Épisode 1 : Des yeux et des pigeons (19 juin)

Épisode 2 : Des chats au pôle nord (26 juin)

Épisode 3 : Des textos et des zombies (10 juillet).

sciences de la vie - classification - évolution - Hérédité - Mendel - Morgan - systématique - génétique

Votre commentaire a été ajouté à la file d'attente pour modération par l'administrateur du site et il sera publié après son approbation.
Dispostif anti-spam *

Envoyer


* champs obligatoires

Catégories

Archives

Up