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Le blog du Muséum

Les coulisses du Muséum

PLOT : la création contemporaine s'offre une incursion dans le Muséum en chantier

Le 12 octobre 2023 par Alice Michonnet

A l'occasion du Festival d'Architecture ZigZag, la création contemporaine s'offre une incursion dans le Muséum en chantier. PLOT, oeuvre de l'artiste Miguel Angel Molina, nous raconte la notion de frontière en conviant le paradoxe, la poésie et l'étonnement autour d'un savoir-faire emblématique qu'est la porcelaine au bleu de four...

L'artiste nous raconte ce projet en 3 questions. Bonne lecture !

3 questions à Miguel Angel Molina

L’art s’invite sur le chantier du Muséum. De même taille et de forme identique, ces plots de chantier semblent tout à fait semblables à leurs homologues industriels et pourtant, leur couleur d’un bleu profond et leur brillance interpellent. Leur singularité ? Ces cônes de chantier, œuvre de l’artiste Miguel Angel Molina, sont réalisés en porcelaine dans une teinte bleu de four, savoir-faire emblématique de Limoges. L’artiste nous raconte leur histoire…

 

1/ Comment est né le PLOT ?

Ce projet est né d’une invitation de Maribel Nadal Jové (commissaire d’expositions) qui connait bien l’univers du travail de la porcelaine, à Limoges. Par son entremise, j’ai eu l’opportunité de mener deux collaborations autour de ce savoir-faire : avec l’Ecole Nationale d’Art de Limoges d’une part, et avec la manufacture Ateliers Arquié d’autre part. C’était prendre un chemin de traverse pour moi qui suis avant tout un peintre, mais à travers ces deux collaborations, j’ai poursuivi la réflexion sur les problématiques de frontière et de débordement, deux thématiques qui nourrissent mon travail depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, la question de la frontière, de la séparation ou de la barrière sont des concepts omniprésents. A titre d’exemple, quand ce projet a abouti, on sortait d’une période COVID durant laquelle on avait tant parlé des gestes « barrières » mais aussi de la « distanciation » et de la séparation.

 

2/ En tant qu’artiste, comment avez-vous travaillé avec une entreprise, la manufacture Ateliers Arquié ?

La manufacture Ateliers Arquié réalise régulièrement des collaborations avec des artistes. C’est une manière de mettre au défi leur savoir-faire technique mais aussi d’explorer plus encore la dimension artistique de leur production. J’ai d’abord identifié le type de cône que je souhaitais (on y prête peu attention mais il en existe de formes très variées en réalité !). Un moulage a été réalisé à partir de ce cône puis il a été réalisé en porcelaine. Ensuite il a été peint à la main en bleu de four. Ce bleu obtenu à partir d’oxyde de Cobalt est emblématique de Limoges - c’est aussi une spécialité de la Porcelaine Arquié - il est très profond. Ce qui est intéressant également, c’est qu’on y voit les marques du pinceau, quelques irrégularités : la trace d’une forme d’artisanat sur un objet qui incarne l’univers industriel.

 

3/ Le registre des travaux ou de la signalisation routière semble à l’opposé d’une forme de fragilité qu’incarne la porcelaine. Est-ce que ce paradoxe a eu de l’importance dans ce projet ?

Dans de précédents travaux, je me suis beaucoup intéressé à la peinture en dehors du tableau, la peinture comme matière, qui franchit le cadre, s’écoule et se répand sur le sol, qui « déborde ». Cette question de la limite, du « bord » ou de la frontière est très importante dans ma production artistique. Pour ce projet avec Ateliers Arquié, j’ai choisi de travailler le cône de chantier car il incarne complètement cette limite. Une frontière qu’a priori on ne doit pas franchir, car elle délimite une zone de danger. Et dans le cas de PLOT, cette limite est définie de manière paradoxale, par un objet lui-même fragile. Un autre aspect important de ce paradoxe est la question de la valeur : un cône de chantier en plastique, c'est objet assez banal. En travaillant la porcelaine, avec une entreprise labelisée « patrimoine vivant » qui plus est, on change complètement la donne et en quelque sorte, on redonne de la valeur, des lettres de noblesse à cet objet industriel.  Enfin, l’usage de la porcelaine insuffle un caractère poétique : un objet fragile et délicat, en total opposition avec le contexte de son utilisation habituelle.

L'artiste

Miguel Angel Molina né en 1963 à Madrid, vit et travaille à Paris. Il enseigne la peinture à l’Esadhar, l’École Supérieure d’Art et Design Le Havre-Rouen.

A Limoges, ses œuvres font partie du FRAC-ARTHOTEQUE Nouvelle-Aquitaine et il a eu l’occasion de participer à des expositions collectives à La vitrine et à l’espace de l’IF Irrésistible Fraternité. Le PLOT est sa troisième pièce en porcelaine. Il a déjà produit avec l’ENSA deux pièces : une édition multiple nommée TAS et une série de tableaux en porcelaine et bleu de four intitulés BSoD (de l’anglais Blue Screen of Death).  Cette série de peintures sous le nom de L’écran bleu de la mort est inspirée du surnom poétique donné au message d’alerte affiché sur un fond bleu lorsque le système d’exploitation rencontre une erreur qu’il ne peut pas traiter.

Ses œuvres picturales sont principalement des expérimentations en dehors des limites des toiles : il utilise comme support des objets mais aussi le sol et les murs. Ses œuvres sont des volumes et des débordements picturaux.

Il expose régulièrement dans des institutions artistiques en France et à l’étranger.

PLOT

Miguel Ángel Molina

PLOT, 2022

Porcelaine

Hauteur 49 cm, diamètre 29 cm. 3 Kg.

Base en bois composite

Edition illimitée

Co-production : MNJ - MAM - Ateliers ARQUIÉ

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